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A cheval en Sardaigne

Par Christine Barbier

Chevaux à Sant Antioco en sardaigneLa monte sarde traditionnelle, celle de travail, fait partie intégrante de la culture de l’île. C’est la monte qui servait aux éleveurs pour rassembler les troupeaux, aux hommes pour la chasse, et pour leurs déplacements avec la femme assise derrière, femme qui se mettait à cheval pour plus d’aisance en montant sur un muret de pierres. Terre de cheval et d’élevage, la Sardaigne compte de très bons dresseurs, et parmi les meilleurs Candido Deiana. L’homme qui vit pour les chevaux.

« J’ai volé le métier depuis mon plus jeune âge en apprenant chaque jour, en regardant ce que faisaient les autres, en observant les mouvements du cheval, son caractère, confie Candido. Et par rapport aux éleveurs du passé qui pratiquaient un dressage violent qui brisait la volonté du cheval, j’ai mis au point un dressage plus doux. Aujourd’hui je cherche la collaboration du cheval, non sa soumission. Je travaille à la voix, avec un filet de corde fait par moi, et jour après jour en étudiant son caractère, en deux ou trois mois je dresse un cheval ».

Avec plus de 1000 chevaux dressés, Candido a acquis avec sa méthode de dressage une grande réputation sur l’île. A San Giovanni Suergiu où il vit et travaille avec son fils Manolo, il faut le voir avec ses chevaux pour comprendre l’attachement et la complicité entre l’homme et l’animal. S’il forme des élèves à la monte sarde traditionnelle et participe avec eux à des défilés en costumes traditionnels dans le pays, ou à des concours de jym-cana, sa passion absolue reste le dressage. A la voix, au geste doux, dans un rapport d’égal à égal avec ses chevaux favoris Tornado ou Milly, il offre au spectateur des instants magiques dans ses démonstrations de dressage où le cheval et l’homme reliés par un lien invisible, communiquent, jouent.

Les cactus sont en fleurs, les figues ne vont pas tarder à mûrir sur les arbres. Sous la chaleur la terre sarde exhale dans son maquis des fragances de myrthe, de romarin ou de lentisques. Au loin, la mer cristalline comme nulle part ailleurs offre sa transparence de reflets turquoise ou émeraude. Au milieu du manège avec ses chevaux alezan aux reflets dorés, Candido demande : « Giu, bello, giu, giu bello, giu… » et plus rien n’existe au monde que l’homme et le cheval.

Publié le lundi, 25 juin 2012 à 16h32