Société

4 millions d'étrangers en Italie (Istat 2009)

Par Vito Vespucci

Le chiffre: +13% en 1 an.

3.891.295: c'est le nombre d'étrangers qui résidaient de manière régulière en Italie au 1er janvier 2009. Ce chiffre a été livré par l'ISTAT (INSEE italienne) qui a présenté ses données sur l'immigration. Par rapport à janvier 2008, on vérifie une augmentation de 13,4%. Les étrangers représentent aujourd'hui 6,5% de la population globale en Italie contre 5,8% il y a 1 an: une augmentation de près de 500.000 personnes sur cette période. Mais 13,3% de ces "étrangers" ne peuvent être considérés "immigrés" puisque ils sont nés en Italie.

Cette population étrangère n'a pu que croître encore depuis janvier 2009, avec la régularisation ("sponsorisée" par le gouvernement) d'environ 300.000 auxiliaires de vie (badanti) et travailleurs familiaux (colf), souvent invisibles à l'économie italienne et devenus indispensables à l'Italie vieillissante (1). Ce sont là majoritairement des femmes.

Il faut préciser que le projet de voir se réaliser 500.000 régularisations est loin d'avoir été atteint. "Seulement" 294.744 personnes ont déposé un dossier avant le 30 septembre 2009, date de clôture de l'opération gouvernementale. Un flop selon certains, qui a néanmoins permis à l'Etat d'encaisser au passage 500 euros par dossier... Vraisemblablement un argument qui, "en temps de crise", a du contraindre la Ligue du Nord (Lega Nord, parti xénophobe) à accepter le plan. Contestant ce projet de régularisation dès sa proposition, le leghista ministre de la Simplification des lois Calderoli avait estimé que cette population de badanti et colf était majoritairement composée, ou cachait, des milliers de délinquants liés la criminalité organisée (italienne?!) :

Roberto Calderoli: "Mais d'où sort ce chiffre de 500.000 auxiliaires de vie travaillant au noir? (...) Les régulariser? Je ne veux pas en entendre parler! Je suis désolé pour quelques unes d'entres-elles qui devront partir, mais si pour en régulariser une (une "vraie" sous-entend-t-il, ndlr) nous devons faire entrer dans le pays dix prostitués et cinquante dealers, alors je préfère laisser choir" (Corriere della Sera).

Straniero=delinquente. Dans le même registre, on peut estimer que le travail de focalisation (et exagération) sur l'"étranger criminel" (2) fut aussi le principal artifice du succès de Gianni Alemanno (ex-neo-post-fasciste) pour conquérir la mairie de Rome en 2008.

Quant à la France, selon l'INSEE, sa population (2006) serait composée d'environ 90% de "Français de naissance", 5,8% d'"étrangers" et 4,3% de "Français par acquisition". À rappeler également que si le nombre d'habitants en France (65 millions) est assez voisin de celui de l'Italie (59,6 millions), par contre le rapport sur la superficie et la densité du territoire passent du simple au double: en Italie: 197,9 hab/km² pour 301.000 km², contre 96,3 hab/km² pour 675.000 km² en France.

     vV

  • (1) "En effet l'indice de fécondité est particulièrement bas depuis de nombreuses années. Il était en 2008 de 1,3 enfants par femme. Le taux d'accroissement naturel est négatif. Le vieillissement de la population commence déjà à grever le budget social (financement des retraites)..." (ITALIE/Démographie: Wikipedia)
  • (2) Lorsque, par exemple, le "violeur" est italien (et pas "étranger" -voire généralement "roumain"- réflexe trouvant néanmoins un sens via certaines statistiques), on trouvera souvent relaté que "l'interpellé parle italien", et pas écrit noir sur blanc qu'il EST Italien. Technique de guérilla media-xénophobe...

> Lire également: Emigration et immigration italienne (Wikipedia)
> Source:
Il Fatto Quotidiano #15 (version papier, 09.10.2009 auteur: El.Ba.)

Publié le vendredi, 9 octobre 2009 à 15h22