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L'Italie > portraits > Écrivains italiens

Luigi Pirandello


Luigi PirandelloLuigi Pirandello (Agrigente, Sicile, 1867 - Rome, 1936) fut une personnalité parmi les plus complexes du XX siècle. Ecrivain, prix Nobel de littérature, dramaturge, poète, essayiste, il joua un rôle capital dans le théâtre européen moderne, notamment avec sa pièce Six personnages en quête d'auteur.
Pirandello étudia à l'université de Rome (1887) puis à celle de Bonn (1889) où il fut nommé lecteur d'italien en 1891. En 1892, il retourna en Italie à Rome où il noua ses premières relations littéraires. Il enseigna à l'Instituto Superiore di Magistero de Rome de 1897 à 1922, abandonnant définitivement l'enseignement. En 1894, il épouse Maria Antonietta Portulanu.
Il écrit d'abord des romans, des nouvelles et des poèmes avant d'aborder le théâtre, à 50 ans.
Il commença à écrire vers 1910 et put se consacrer exclusivement à l'écriture après 1922.
La reconnaissance internationale vint assez tôt. En effet dès 1921 il fut connu y compris hors des frontières italiennes grâce à la pièce Six personnages en quête d'auteur. En 1924, il s'inscrivit au parti fasciste.


Pirandello écrivain

En 1934, il reçut le prix Nobel de littérature. Pirandello fut célèbre pour ses nombreuses nouvelles (il en écrivit près de deux cent cinquante), pour la plupart d'une étonnante perfection formelle, dont la rédaction s'étala sur des années et qui furent regroupées dans le recueil Nouvelles pour une année. Bien souvent, Pirandello reprit sous forme théâtrale des intrigues qu'il avait élaborées dans ces nouvelles. Il fut en outre l'auteur d'essais critiques sur le travail de l'écrivain, tels que Humorisme (1908), et de poèmes de jeunesse d'une tonalité lyrique, comme ceux des recueils Mal content (1889) et Élégies rhénanes (1895). Il produisit également plusieurs romans, parmi lesquels on peut citer L'Exclue en 1901, puis Feu Mathias Pascal (1904) et Les Vieux et les Jeunes (1913).


Pirandello dramaturge

En 1924, il fonda et dirigea le Theatro d'Arte di Roma, qui effectua jusqu'en 1928 plusieurs tournées en Italie et à l'étranger. Il y engagea une jeune actrice inconnue, Marta Abba, dont il s'éprit et pour laquelle il écrivit plusieurs comédies.
Ses premières pièces, l'Etau et Cédrats de Sicile furent représentées en 1910, et sa première comédie en trois actes, La Raison des autres en 1915.

Avant Brecht il fut le premier à avoir entrepris un renouvellement radical de la dramaturgie moderne. Bien que la célébrité lui soit surtout venue de ses œuvres dramatiques, la poésie, le récit, l'essai et le théâtre furent des formes que Pirandello a constamment pratiquées et qui se mêlèrent tout au long de son œuvre. Vingt-huit de ses quarte trois pièces furent tirées de nouvelles ou d'épisodes romanesques qu'il avait écrits antérieurement. “ Ces quatre aspects de son inspiration, s'ils facilitent la classification de son œuvre et offrent un schéma de son évolution artistique, se retrouvent en fait tous ensemble dans chacune de ses grandes œuvres. Ce serait une erreur que de chercher à déterminer si Pirandello nouvelliste est plus ou moins grand que Pirandello dramaturge, car ce sont là deux moments nécessaires non seulement de son évolution poétique unique, mais du rythme interne de son écriture. Il n'existe, par contre, aucune cohérence dans la chronique de sa vie, sauf en ce qui concerne sa discipline formelle et son travail acharné. ” (Mario Apollonio).

Pirandello contribua à faire considérablement évoluer la technique théâtrale en rejetant les règles imposées par le réalisme et en préférant laisser libre cours à sa fantaisie. Il permit de la sorte au théâtre de son temps de se libérer de conventions désuètes, et prépara la voie au pessimisme existentialiste d'Anouilh et de Sartre, aux comédies absurdes d'Ionesco et de Beckett, et au théâtre en vers d'Eliot, empreint de religiosité. Au nombre de ses pièces, citons Le Plaisir d'être honnête (1917) et L'Homme, la bête et la vertu (1919), qui sont parmi ses premières œuvres les plus importantes, puis une série de comédies telles que Chacun sa vérité (1917), C'était pour rire (1918) ou Tout pour le mieux (1919).

Ses pièces eurent pour ressort dramatique le dédoublement. Ce fut ce qui caractérisa le Pirandellisme. L'œuvre de Pirandello fut donc à lire comme un rigoureux système du double, ordonné autour de deux grands thèmes : le miroir (symbole d'une expérience de dédoublement vécue par Pirandello à la fois comme horreur de son propre corps et comme aliénation au discours d'autrui, particulièrement au délire paranoïaque de sa femme) et la gémellité (à la fois inversion et récupération de l'expérience biographique du dédoublement).

Les pièces les plus célèbres de Pirandello furent pourtant celles où il se livra au jeu du “ théâtre dans le théâtre ”, c'est-à-dire où l'illusion théâtrale constitua le sujet de la pièce. Ce genre fut illustré par la très célèbre Six personnages en quête d’auteur (1921), pièce capitale qui eut une influence déterminante sur l'évolution du théâtre européen et qui forma une sorte de trilogie avec Comme ci (ou comme ça) (1924) et Ce soir on improvise (1930). Pirandello écrivit également une pièce historique, Henri IV (1922), puis Vêtir ceux qui sont nus (1924) et Comme tu me veux (1930). Il fut également l'auteur d'une pièce d'inspiration biblique, Lazare (1928). Parmi ses autres œuvres théâtrales, citons Chacun son tour (1902), la Volupté de l'honneur (1917) et Quand on est quelqu'un (1933).
Il s'éteignit à Rome le 10 décembre 1936, avant d'avoir achevé sa dernière pièce Les Géants de la Montagne.


Œuvres

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