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Tendance Slow Food

Par Christine Barbier

Le siège de Eataly à Turin« La vita è troppo breve per bere et mangiare male ». La vie est trop courte pour boire et manger mal. « Eataly » né à Turin -Lingotto- en 2007 d’une idée du piémontais Oscar Farinetti, propose au public les produits du territoire, produits régionaux et italiens de la meilleure qualité qui soit. Une initiative à l’opposé du fast food qui va rencontrer un succès fulgurant avec des ouvertures successives d'établissements à Milan, à Bologne, à Genova et à Bari, ou encore à Tokyo et à New York.

Temples gardiens du bien manger « fréquentés essentiellement par une clientèle économiquement moyenne- haute explique le directeur du dernier né, via Lagrange à Turin. Les meilleurs produits des meilleures régions sont mis en vente ou utiliser pour produire des plats. Ici la viande de bovins piémontais nourris au naturel, la macaroneria di Gragnano, dans le golfe de Sorrento, unique pour son eau et son grano duro, la pasta d’excellence un peu plus longue à cuire mais au goût plus « al dente » sont à l’honneur… Nous faisons un effort particulier sur la filière, attentifs à défendre des traditions italiennes, des caractéristiques régionales et des petits producteurs locaux.

Nous cherchons les niches, la distribution solidaire. Notre philosophie est de faire retrouver le goût des choses naturelles. Nous portons une grande attention au cycle producteur, aux ingrédients, à la conservation. Nous cherchons aussi à approcher un public élargi en nous rendant accessibles par des actions de ventes ponctuelles à prix réduits. Dans chacun de nos établissements on peut faire son marché ou déguster sur place, pour environ 13 euros, un plat cuisiné du jour d’excellente qualité avec un verre de vin ». Vin des Langhe, Barbera d’Asti, Barolo ou Nebiolo pour accompagner aujourd’hui la polenta cacià, ou les crostini con miele, lardo e fagiolini.

Pour donner une idée de l’engouement du concept : Eataly Lingotto c’est 600 000 couverts par an, sans compter les acheteurs. La tentation à l’état pur dans un décor minimaliste à la mise en scène soigneusement étudiée. Où le vin est plaisir et culture, où l’on découvre ou redécouvre les plaisirs de la table et de la cuisine, la quête du bien être et du bien vivre. On se promène entre les oranges rouges de Biancavilla, dont la pleine maturation se fait de décembre à février, la mozzarella fleur de lait de Bari, le fenouil des Abruzze, la Fontina des alpages, la farine de grains tendres piémontais et lombards moulus avec pureté, les tablettes classiques de chocolat Baratti e Milano... Mais l’heure est à la pause. Arrêtons nous au stand où l’on cuisine devant vous les produits de la mer. L’odeur est déjà prémice des plaisirs à venir. Installés au comptoir devant un verre de Prosecco, il est temps d’entrer dans le vif du sujet…

Publié le samedi, 21 janvier 2012 à 11h41